Document mémoire n°14 (2013)

Les métamorphoses d’un foyer d’industries : Corbeil, Essonnes, Évry et Ville nouvelle

Dans le prochain Schéma Directeur de la Région Ile de France, l’avenir des territoires de Corbeil et d’Evry passe par leur organisation dans une seule intercommunalité, car la réalisation du Grand Paris et de son réseau des transports urbains risque fort de les laisser à l’écart du développement régional. Pour être attractives, nos villes doivent bientôt se mettre ensemble.

Par ce document-mémoire, Mémoires et Avenir de la Ville Nouvelle rappelle ce qu’elles avaient de commun et ce qui les a séparées.

Corbeil et Essonnes ont une vieille histoire industrielle, que raconte M. Philippe Oulmont, ancien professeur d’histoire au lycée Doisneau, et grand connaisseur de celle-ci. A l’embouchure de l’Essonne et de la Seine, ces communes jumelles qui ont fini par fusionner furent des terres d’innovation et d’entreprises, sous l’impulsion de grands capitaines d’industrie dont la tradition allait se perpétuer avec IBM ou la SNECMA.
Evry fut choisie pour devenir une ville nouvelle et une préfecture. C’est André Darmagnac, géographe de formation et qui, à l’Etablissement Public d’Aménagement (EPEVRY) fut un important acteur de cette urbanisation, qui nous raconte son histoire industrielle : elle a été également une terre de haute technologie, dont la tradition se poursuit avec le GENOPOLE et de nombreuses petites entreprises de pointe.

Mais qu’ont-elles en commun, les histoires de nos territoires ? Des choix ont été faits à la fin des années 1960, pour ou contre l’appartenance des communes à la Ville Nouvelle ; ces choix ont été largement politiques. Alors que Corbeil-Essonnes était communiste et Evry gaulliste, les élus, locaux et nationaux, essentiellement motivés par des options plus idéologiques qu’économiques, ont manqué de clairvoyance: nous le payons aujourd’hui.

Avec la ville nouvelle, Corbeil-Essonnes a perdu les administrations départementales et a vu disparaître beaucoup de ses industries, au profit d’Evry, qui avait les moyens de l’Etat pour y implanter les activités nouvelles. Et nos populations se sont différenciées, au point de faire obstacle au rapprochement maintenant nécessaire.

Pourtant, Corbeil-Essonnes et Evry ont aussi une histoire commune : il faut l’écrire et la raconter pour faciliter leur rapprochement. C’est ce à quoi va s’attacher notre association dans l’année qui vient : nos mémoires ne sont-elles pas un des ferments de notre avenir commun ?