Document mémoire n°15 (2014)

Le manteau végétal d’Évry ville nouvelle : La création

Dans la ville, les espaces verts résultent toujours d’une patiente volonté de composition. Le conducteur attentif peut aisément remarquer cela en arrivant dans la ville nouvelle d’Évry. Que ce soit en provenance de Paris par l’autoroute, ou de l’ouest par la Francilienne, il observe qu’il passe du monde du cloisonnement et de la clôture, qui caractérise la banlieue ordinaire, à celui de voies paysagées, celui d’une Park-Way comme disent les spécialistes. Les voies s’écartent les unes des autres, pour vous promener dans un paysage de parc, entre les arbres, sur un relief plus ou moins vallonné.

Un tel résultat ne s’acquiert qu’en vertu d’une conception d’ensemble. Pour notre ville nouvelle, il est l’oeuvre du paysagiste Michel CHOQUET. De 1967 à 1992 il travailla au sein d’une équipe pluridisciplinaire qui lui imposait mainte contrainte.

L’urbanité suppose, en effet, une forte variation du rapport minéral/végétal. Dans certaines parties, les espaces verts dominent, mais ailleurs, surtout dans les lieux de centralité, le minéral tient le dessus. L’urbanité, qui est art d’être ensemble, se nourrit de rencontre de foules, de « sociodiversité » pourrait-on dire en imitant les défenseurs de la biodiversité. Mais le va et vient du grand nombre dans des espaces fermés produit un effet oppressant, d’où le besoin de décompresser en trouvant un peu de solitude, de calme dans la nature. La ville nouvelle d’Évry s’est employée à rapprocher ces deux types de paysages. D’où le plan en X adopté pour la zone centrale. Il permet d’amener de vrais parcs, d’une quinzaine d’hectares au moins, jusqu’au contact du centre urbain situé à la croisée de l’X.

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